Indiscretions et mutineries

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fireworks - RoxiRosita

juin 8, 2016
par myel
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Le rythme des mots dits

fireworks - RoxiRosita

fireworks – RoxiRosita

Qu’y a-t-il donc de plus important que le rythme ? Dans les mots ? Quand on les perd pendant si longtemps le premier plaisir est de retrouver leurs mouvements, leur danse, leurs clapotis. Les yeux fermés, au son seulement du clavier. Clic, clac, ils s’installent doucement sans avoir rien à dire. A la ligne, hop, un pas, deux pas, chassé, perché, à la ligne.

J’ai plongé dans des phases, voilà un projet, voilà une idée. J’ai plongé dans un rythme régulier aussi. Penser à la semaine, à l’échéance, aux vacances ? L’équilibre ne se fera pas de six mois en six mois, il est encore temps de reprendre en main l’année. Disent les mots de leur tap-tap, ils coupent la phrase. On n’est pas là pour faire des bilans et des points.

On est là pour se la couler, la couleur des mots tout proche du sommeil, la goûter, la frôler, se dire qu’on pourra tout bientôt lui conter des histoires. Faut juste s’apprirevoiser.

L’équilibre n’est pas juste une balance, entre mes contradictions. C’est une étoile à x branches dont la formule est délicate et qui bat de l’aile à chaque doute. Certaines sont stables et font tenir le tout, d’autres se cherchent encore et chercheront toujours. Comme se méritent les mots parfaits. On ajuste, on peaufine, on bondit des progrès parfois, on stagne et on s’agace avant de signer la partie. Le rythme des mots dit, de savourer même les ratés, qui feront hier d’aujourd’hui.

novembre 17, 2015
par myel
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Lundi porte vendredi

23h30 déclenchement du mode nuit. Faut-il toujours que je veille les soirs où personne ne me porte au lit ? Pas trop tard, c’est promis.

Depuis lundi dernier j’avais en tête de reprendre les mots, ceux que j’avais en tête, de les laisser surprendre et récapituler l’avancée de l’année. Lundi c’était enfin, mettre un pied sur la planche de la stabilité, pouvoir danser de l’autre. Faire la paix, fallait bien, avec ma tête à chiffres, mes carrés, pour s’autoriser de nouveaux projets sans contraintes. Quitter Paul, à qui on s’accrochait malgré les enchaînements, cette fois y croire vraiment. Faut dire qu’avant lundi les mois passés ont été secoués, je n’ai jamais eu autant de métiers que cette année, j’ai croisé des limites et des zones de confort, des personnes à revoir et d’autres à oublier, avec ou sans explications. Je touche à l’équilibre, se rendre utile et penser à soi, vouloir donner du sens, transmettre, partager… De jolis mots de lundi dernier qui sonnent autrement celui-ci, parce que vendredi.

Ne pas se laisser renverser. Par le sentiment d’impuissance.

Que valent nos mots ? Que valent nos projets de vie ?

Des arrêts peuvent tomber à tout moment, rien de nouveau juste un peu plus conscient. Entre la carapace et la peau nue, entre la lutte et les yeux à demi fermés, où va-t-on ?

Les regards se ponctuent de silence, plus juste. On voudrait se serrer si fort qu’on n’aurait plus qu’un cœur, incassable et vivant. Evidemment que la vie continue, mais comment ?

Minuit passe, tout passe, rien ne s’efface.

Julie de Waroquier - Light pun

mars 31, 2015
par myel
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Eclipse

Julie de Waroquier - Light pun

Julie de Waroquier – Light pun

Les mardis se suivent et s’assemblent à défaut de s’harmoniser. L’éclipse se dessine entre mes parallèles, bienvenue au printemps, aux fleurs de cerisiers, aux brumes qui s’éloignent et autres réjouissances.

Ma vie professionnelle s’agite depuis un mois bientôt, trois projets parallèles : un qui détonne comme un défi, un qui s’avale comme du bon thé (bon-thé), le plus ancien qu’on essaie de trancher en parts sans abîmer la fève. Des formes se dessinent pour une définition plus nette à la fin de l’année, oui je reparle en temps scolaire j’ai même hâte aux vacances.

Voilà l’idée que je me faisais de l’early printemps, le cap que je maintiens face aux rappels des essentielles priorités. Qu’on se prend certains matins en face.

Être là pour les proches, les amis, la famille, faire face aux coups, durs, changer les plans, se sentir vraiment loin d’habiter loin et de ne soutenir sur place que par intermittence, quand on pense tous les jours que le bonheur dont on déborde on devrait pouvoir l’étaler, sur chacun pour équilibrer les injustices que la vie tranche. Alors que la vie s’en moque bien de l’équilibre, elle tire au sort les cartes à six faces les mains dans le dos d’âne.

L’éclipse passe et changent nos heures, la fatigue des rythmes nouveaux se tasse. Je croise les doigts pour que chacun des cœurs autour se rétablisse. Et je souris d’autant plus fort à l’annonce de naissance et d’union à venir !

Les saisons nous échappent mais les jours nous impriment, sous la peau des images.

février 23, 2015
par myel
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Parfum Culture, restaurant japonais à découvrir à Tours

Les semaines s’emplissent de douceurs, et d’actions. De petites réussites en petits défis, j’avancerai vers cet équilibre ? Déjà, les échappées se multiplient, après Nantes, Paris, avant Londres, au plus près on s’évade à Tours. Ou en Asie, je ne sais plus. Samedi soir fut un joli voyage dont je vous offre quelques images, voyage en bouche mais pas seulement…

Tours semble réputée pour ses restaurants japonisants, réservation à prendre des jours à l’avance pour le premier visé, à tenter une prochaine fois. La veille pour le second, affichant complet samedi soir quand nous poussons la porte.

Chez Parfum Culture on est reçus en hôtes, accueillis, mis dans l’ambiance lointaine, entourés de livres, d’images et de conseils sur les ingrédients, les saveurs, les destinations possibles. Naviguant entre la Chine, le Japon et Taiwan, les plats finement présentés défilent et le temps se suspend.

Jolies découvertes et saveurs des vacances retrouvées…

menu-anguille menu-udon
www.parfumculture.fr

63 rue Blaise-Pascal 37000 TOURS
02 47 05 13 66

février 18, 2015
par myel
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Ici Minuit

Tir na nOg - Amelia Fletcher

Tir na nOg – Amelia Fletcher

J’écrivais cette nuit un article, oui en dormant, sur l’avancée du projet “nom de code Harmonie” et je me souviens avoir planché longuement dans les limbes pour chavirer sur ce nom bateau. J’en suis pas fière. Je rends néanmoins hommage au moi qui écrit dans ses rêves en partageant cet article éveillé, qui ne vaut pas pour autant mieux que celui de cette nuit dont, mis à part le thème, j’ai finalement tout oublié.

février 10, 2015
par myel
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On est tous enfants face à la médecine

On est tous enfants face à la médecine.

Je rentre les yeux humides, le bras gauche en vrac, et le moral en berne. On pourra dire que je suis trop sensible, que le monde adulte n’est pas comme un grand plaid tout doux, je m’en moque bien j’étais chez un médecin.

Dans mes souvenirs le docteur avait une vieille maison de ville avec un grand couloir, comme la mienne, à gauche la salle d’attente, à droite le cabinet, plus loin c’était chez lui on n’allait pas y regarder. Le docteur avait de grandes mains, un air sérieux et souriant à la fois, accueillant. Il disait “qu’est-ce qui vous amène ?” avec un ton légèrement étonné qu’on entendait comme un “vous n’avez pas si mauvaise mine”. Il avait le temps d’écouter les grosses déprimes, d’ausculter de la tête aux pieds et hop un tour sur la balance même quand on venait pour un rhume qui traaaîne en longueur. Il connaissait des spécialistes et les recommandait, pouvait même arranger des rendez-vous, suivait toujours l’enquête quand on nous suspecte une maladie rare. Il s’inquiétait, il rassurait. Il disait au revoir et nous serrait la main en nous raccompagnant dans le couloir.

A l’hôpital aussi, même les pédiatres les plus speed avaient de la considération, ce qui n’empêche en rien d’être efficace. Au début j’étais étonnée de celui qui dictait son compte-rendu en fin de rendez-vous dans un dictaphone, mais j’appréciais qu’il s’arrête à chaque fin d’idée pour attendre notre confirmation, même juste d’un hochement de tête vers le regard, ça validait qu’en termes d’infos on était d’accord et au même niveau.

Puis j’ai grandi. Puis j’ai déménagé. Puis il y a eu des accidents avec plusieurs praticiens.

Après la pédiatrie, pour les maladies rares, fallait aller voir un médecin d’adulte, toute seule. J’avais 18 ans j’avais voulu donner mon sang et j’avais découvert que le traitement que je prenais à vie était à éviter en cas de grossesse pour risque de malformations de l’enfant. J’étais perdue je voulais des réponses, des alternatives, des solutions. Il m’a dit que de toute façon, ce n’était pas le moment d’y penser. Je n’y suis jamais retournée.

Pour rester dans le thème des accidents j’ai percuté quelques gynécologues dont une que je n’oublierai pas. Qui repartant vers son bureau, moi sur la table, a dit “J’vous ai bien fait saigner”. A la limite ce n’est pas la phrase qui dérange mais le ton et le regard façon “ma pauv’ fille” en tendant un rouleau de papier pour que je me rhabille aussi bien que possible. Honteuse. Alors qu’elle n’avait pas une piste c’était à moi que j’en voulais. Puis on m’a présenté une dame qui donne des pilules comme une guérisseuse. Puis j’ai déménagé. Trois ans que je n’ai pas osé franchir le pas d’un nouveau cabinet.

Les dentistes ont mauvaise image mais là j’ai toujours tenu bon. Malgré l’appareil à radio qui est en panne parce qu’il fait plus de 23 degrés faudra revenir cet hiver pour vérifier que le plombage est bien fait. Malgré, quand ma dent a commencé à partir en morceaux, que ce n’était pas grave le reste tenait bien. Malgré, quand la douleur a rappliqué d’un coup pointu en mangeant du pain, qu’il a fallu cinq jours pour avoir rendez-vous, les standards de tous les dentistes du centre-ville étant fermés le jeudi. Malgré, quand il a regardé la radio après un ça devrait aller, qu’il ait demandé “ah mais vous avez eu mal, vraiment fort ?” Ah oui elle est fendue jusqu’à la racine maintenant à cause de ce plombage d’été va falloir l’enlever. Je tente de poursuivre avec ce troisième dentiste mais, quand j’y retourne pour faire soigner une carie visible, il m’annonce à la fin du rendez-vous qu’il en a soigné quatre autres (fictives ?) que ça fera plus de 100€ alors qu’il sait que j’attends une réponse de la CMU, et qu’il faudra revenir plus tard pour celle qui fait mal ce n’était pas pour aujourd’hui. J’y suis retournée car ça faisait mal, et voilà, le lendemain je déménageais.

Il n’y a pas eu que des mauvaises aventures, il y a cette dame qui donnait du myolastan quel que soit le symptôme parce que je suis “une stressée de la vie” mais avec un bon fond. Je me demande ce qu’elle est devenue depuis le retrait du marché (décollement généralisé de la peau, l’effet indésirable qui rajoutait du stress). Il y a eu des “neutres” qui renouvellent les ordonnances et conseillent sur les petits soucis.

Puis j’ai déménagé. On dirait que c’est la quinzième fois mais jusque là c’était en désordre, seulement trois.

En dehors d’une maladie identifiée et de ma contraception, je suis plutôt en bonne santé. Je vais rarement voir le médecin j’attends que la grippe passe, que la toux passe, que le mal de dos passe, en général tout passe. Restent les ordonnances, ah et un rappel de vaccin auquel on n’avait pas pensé, et un renouvellement administratif, si peu.

Je rentre aujourd’hui secouée parce que pour moi un médecin ne rentre pas dans son bureau après avoir sorti le patient d’avant sans vous inviter à le suivre, dit bonjour, ne mâche pas de chewing-gum, ne le recrache pas dans sa main, ne dit pas “vous avez quoi ?” sèchement comme phrase d’accueil, ne menace pas de ne plus prescrire la pilule en cours en débitant à 100 à l’heure sans laisser le temps d’expliquer le parcours chaotique qu’on a eu jusque là, ne répond pas à des journalistes au téléphone de longues minutes pendant la consultation, ne leur dit pas qu’un patient est “vendeur” pour un reportage parce qu’il a une maladie grave et visible, ni que la vie des médecins faut pas croire que c’est “le renouvellement de la petite…” mais qu’on passe une heure en visite pour des soins palliatifs tout le temps, il ne dit pas ça devant un patient, surtout pendant un rendez-vous de type suivi de maladie longue, surtout lors du premier, non mais 33€ vous voyez y’en a marre de bosser gratos, il ne revient pas après avoir expédié son vaccin, ajouté qu’on avait vieilli, passé 25 ans pour les grossesses et les pilules tout change faut vite y penser, et sinon j’en étais où, ah c’est bon, faut que je me dépêche je suis en retard, il vous fallait autre chose, un dossier à remplir faites voir, faut que je mette quoi ? et le vaccin ? bah ça va vous faire mal comme si vous aviez fait un tennis c’est tout (merci je suis gauchère, oui même sur l’ordi). Il ne part pas demander des photocopies et chercher le patient suivant avant que vous soyez rhabillée vous n’avez qu’à descendre chercher vos papiers à l’accueil. Un médecin dit “au revoir”.

On n’est pas du bétail il existe la politesse, le respect, l’écoute. Le minimum.
Certains sont capables en urgences de ne pas courir et en un rien de temps vous posent et rappellent l’essentiel, avec humanité simple. Et dans la même ville, et dans le même bureau.
Pourquoi d’autres semblent expédier les cas sans les regarder ? On pourrait trouver mille raisons, le contexte politique, la difficulté réelle que je ne nie pas j’ai lu des témoignages côté médecins qui n’ont pas à rougir.
Mais j’écris aujourd’hui avec de la colère car j’imagine ces situations multipliées par des milliers, qui blasent les médecins, qui blessent les patients, qui évitent les médecins, qui se limitent aux urgences, qui n’en peuvent plus, cercle vicieux.

Il reste le fait que même adulte et sans symptômes visibles sur le bout du nez, on reste malade, donc faible, et dans l’attente d’un temps d’échange pour comprendre les problèmes et y trouver des solutions. Tout simplement.

Qu’aujourd’hui au regard de ces quelques expériences, des échos de mon entourage, de ceux qu’on trouve en ligne, j’ai peur d’aller chez un médecin, je n’ai plus de confiance par défaut. Le peu qu’il restait a été sérieusement abîmé aujourd’hui.

L’enfant malade en moi ne peut compter que sur lui-même ; avec son gros dossier sur le dos il cherche une veille maison.
Je sais qu’elles existent encore, j’espère en trouver avant d’y mener (croisement de doigts : le moins souvent possible) mes propres enfants.