Indiscretions et mutineries

version 2 ~golden hour

février 3, 2015
par myel
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Phase février

Propeller - Brooke Shaden

Propeller – Brooke Shaden

Mardi comme un lundi. J’apprends à me présenter comme j’avais oublié : un deux trois voici mon CV. Regarde j’ai mis du bleu tout doux pour ne pas froisser les yeux des gens qui travaillent, qui seraient pas habitués à la lumière… La phase février c’est de décider à quelle vitesse on peut rouler, qu’apprendre seule ? quand comment aller vers les autres ? Et que faire du job qu’on avait installé depuis un an et demi dans la chambre d’amis (pour faire simple) ?

Dans la bonne voie les réponses tombent, ou plutôt s’élèvent. Et les portes s’ouvrent, et les rencontres se multiplient, à petite échelle car toute petite ville, mais le printemps arrivera plus tôt ici-bas. Se donner les moyens, apprendre apprendre apprendre, intégrer pour évoluer. La phase allant vers mars mettra les choses en place pour que tout roule et que s’invitent à nos tables des projets foufous et des revenus stables.

La fantaisie derrière l’oreille, je cesse d’aller contre mon gré, sans me ranger tout à fait.

Beautiful Ice covered morning - Megan LaBonte

janvier 26, 2015
par myel
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Winter is here

Beautiful Ice covered morning - Megan LaBonte

Beautiful Ice covered morning – Megan LaBonte

Le 26 janvier s’apercevoir que le fond d’écran de l’ordi indique encore “autumn is here”. Hiberner c’est sérieux, ça se fait qu’en entier : dormir le jour qui ne se lève pas vraiment, souper, penser, faire des points, des projets, comme si on était encore entre deux années. Fin janvier.

Je façonne l’agenda 2015 de mes mains ces jours-ci, reprenant le filofax usé tel quel l’an dernier, mais avec un peu plus de couleurs, sans recharge toute faite, les feuilles imprimées maison et perforées patiemment. La partie agenda est opérationnelle, une teinte par saison, deux autres jeux de nuances se préparent à leur rôle parallèle qui n’est pas encore très très défini. Fin janvier, pas fini mais en cours.

Ces pages réclament aussi des mutineries, je lis, je visionne, je me documente en replay les jours de travail manuel, et je n’en écris rien. Ça donne l’impression que tout file en surface et rien n’en reste. Dans l’analyse d’ici j’ai souvent observé : j’écrivais quand ça n’allait pas, pour défouler des idées noires, grises, opaques, le nombre d’articles annuel, mensuel, reflétant l’état d’esprit du moment. Aujourd’hui j’inverse l’idée, si écrire fait du bien, c’est un exercice à ouvrir à tout moment, d’autant plus quand les idées sont claires pour les partager.

Je remarque : il y a deux niveaux de recul et plusieurs fois cette année j’ai fait un pas de plus. Le recul critique dégageant les logiques, les causes et les travers. Et le recul lointain qui porte à lâcher prise, à s’autoriser plus de liberté, à relativiser. 

Ecrire n’est pas forcément fondateur, ne regorge pas toujours de codes secrets, tout ne se publie pas mais contribue à l’objectif premier, s’exercer la mémoire et voir le temps passer.

janvier 19, 2015
par myel
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L’équilibre, terre de contrastes

Untitled -  Sarah Ann Loreth

Untitled – Sarah Ann Loreth

(Vendredi), d’abord il y a le souffle. On est là pour se positionner, faire des choix, s’ouvrir au monde puis se fermer à la plupart des possibilités.

Je suis une fille des opportunités. Ne l’est-on pas tous ? Les idées fixes m’effraient, me fascinent, j’aimerais en avoir, être convaincue et convaincante, pendant des années. Peut-on vraiment ? Oui sans doute quand on trouve une voie. Sans ça je navigue, veillant les chemins, traçant des aléas de mes petits pas, ce qui n’est pas rien, ce qui n’est plus le sur-place tétanisé d’il y a quelques années.

J’ai connu la liberté, j’ai connu le sentiment d’oppression. On m’a dit “tu es capable de tout”, et aussi que rien n’était assez bien. Pas en même temps, évidemment. S’éloigner du monde professionnel, des études et ne plus être évaluée, c’est ne plus savoir ce qu’on vaut. Et peu à peu j’ai pris peur de tout, de ne plus être à la hauteur, face à tout.

Je ne crains pas le vent, j’aime le terrain, l’inconnu, tant reste à découvrir. Et en même temps je cherche de la tranquillité, me planquer dans un coin sans demander mon reste. Dans la tempête on cherche une zone de confort. Sans la tempête on s’y endort.

Qu’ai-je appris aujourd’hui ? J’avais peur d’être ouverte à toutes les options, je sais désormais que je suis capable de restreindre à des essentiels. Que ma sélection n’est pas la même que celle du voisin, qu’un sens peut en sortir, aussi multiple soit-il.

Je ne suis pas ici pour parler concret, ce n’a jamais été le lieu, mais. Dans la recherche d’harmonie à cette étape de ma vie où tout roule en dehors du travail je voudrais aller vers. Un emploi stable, et s’il faut passer par des virages de découverte instable j’en ai encore un peu le temps. Un environnement rassurant et stimulant à la fois. De l’autonomie cadrée pour reprendre confiance en mes capacités. Un maximum de transparence et de sincérité dans les méthodes et les valeurs appliquées.

Bonjour les exigences. Bonjour l’acceptation des règles.

(Deux jours plus tard à tête reposée), je reviens sur l’équilibre. Une grande ligne est une option simple : on se rencontre, et toi tu fais quoi dans la vie, je travaille ici-bas. Tu te fais une idée carrée, on s’arrête là ou pas. L’équilibre en option c’est aussi l’histoire de ces pointillés, de ma vie, je suis tout à la fois. Ne plus raisonner en opposition, ne plus se faire un souci du fait d’aimer les chiffres et les lettres, les études et le grand air, l’effusion et les lignes pures. Tout mettre sur la balance, doser, ajuster… Ce qu’on ne fait pas au travail on le garde pour compléter sa journée.

Ainsi faire des choix c’est organiser. Faire de mes contrastes une force et gagner en maturité. Dire “je suis comblée je suis prête à donner”. S’ouvrir aux autres sans craintes de se diviser, de partager.

L’équilibre serait de distinguer ce que j’aime faire sans cadre, de ce que je sais faire d’utile. Un soulagement : se faire plaisir sans pression devient possible. Une évidence : mettre en lumière ce que j’ai réussi pour en accepter la logique. Une double-porte nouvelle, barrer l’idée toute faite qui dit que l’idéal c’est “trouve ce que tu préfères et donne-toi les moyens d’en vivre”. Quand on n’a pas de préférence c’est le pire des adages. J’embrasserai plutôt l’idée de ces facettes qui se côtoient pour créer du volume. Accepter d’être multiple et intégrée, tout simplement. Lâcher prise. Poser les armes. Cesser de voir un dilemme dans ce qui est richesse.

Faire un mille-feuille de la vie : de ses contraintes un agenda feuilleté, entrecoupé d’épaisses douceurs à la vanille. Et la déguster comme une chance.

décembre 30, 2014
par myel
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Par la fenêtre

day 10 of 365 days project.

Par la fenêtre, j’entends, les ragots des locaux
Revenant du marché, victuailles plein le dos
Perchés sur leurs épaules, tous les problèmes du monde.
Ils s’en vantent et s’en plaignent et râlent à la ronde
“Ah cette vague de chaleur va nous cramer les vignes
Et le pétrole qui monte, si ça c’est pas un signe…”
De la terrasse en face le brouhaha chantant
De l’Europe en visite me rappelle hors du temps.

Par la fenêtre, entre la lumière du couchant
Dorée comme un feu livré en appartement
La rivière m’appelle à la promenade, dehors
Automnale, sereine, la nature sans bruit s’endort.
Et j’observe les feuilles s’entassant dans la cour
Qu’ai-je à faire des dossiers sur mon bureau en cours ?
Je veux juste me fondre pour un temps, fougère rousse,
Dans la saison la plus romantique, la plus douce.

Par la fenêtre, je vois les bandeaux clignotants
Racoleurs, enchanteurs, martelant, scintillants
Les jingles bêlent, grondent, sur les parents pour qu’ils
Cèdent à l’esprit des fêtes, marionnettes sur leur fil
Abrutissent les enfants qui prendront le relais…
Je rêve de moments simples, sans prix et sans délai
De magie quotidienne, d’histoires au bord d’un thé
De rapprochements sincères, d’aimer de qualité.

Par la fenêtre ouverte, je laisse entrer le vent
Un renouveau se mêle aux projets permanents
Je vois les cheveux s’envoler, tant de virages
S’amorcer dessinant les rires sur nos visages
J’aime encore les conter, mais les passants me lassent
Ils ne ressemblent pas assez au temps qui passe
Je ferme la fenêtre et plonge dans ton regard
Me narrant la plus belle, la plus forte : notre histoire.

En écho à “par la fenêtre” de Ses lignes

Doppelgänger - Julie de Waroquier

décembre 29, 2014
par myel
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Une toute petite voie

Doppelgänger - Julie de Waroquier

Doppelgänger – Julie de Waroquier

C’est une toute petite voie. Réveillée par une toute petite question : qu’est ce qui te secoue bon sang ? Un murmure, coule, se repose, rêve et quand il s’épuise, (me) gronde. C’est une voie sourde, opaque, elle ne cesse de répondre et s’entête : j’aime ressentir, les zones franches, le bouillonnement, les explosions, les indiscrétions, foisonner, comprendre, et que tout s’apaise en une évidence. J’aime ressasser les démons, aussi, car les mots se nourrissent de nos failles, craintes, crevasses, espoirs et fracasses.

J’ai déjà écrit ce texte mille fois, et je refuse d’y voir une ouverture. Comment y croire ? Peut-on répondre une bonne fois pour les autres à ce qui nous ronge ? Je suis instable, je ne sais pas exprimer ce que j’aime au monde. J’aime, aimer. Ce qui me plait c’est quand il y a de la magie, elle peut être en toute chose. Ce qui me plait c’est la passion avec du fond, c’est l’improvisation avec des cordes, c’est pouvoir être en marge avec un nid douillet. Pourquoi choisir ? “Parce que, ce qui te plait c’est le jeu, avec moi tu crées les règles, tu maîtrises le temps, le ton, et le verbe crée la surprise” griffonne la petite voie des mots.

Ne pas choisir, mais l’écrire, sans définitive. Continuer l’enquête, inventer des chemins, relire interpréter, je suis ce que je fais. Je me crée des reflets.

“Ce soupir, rire, ces larmes qui montent quand tu poses REFLETS sur l’écran, tu la vois l’évidence ? Tu la sens ma présence ?”

J’ai peur de ce qui pourrait naître de mes mots, malgré les années de tracés déjà dans le dos. J’ai envie de parcourir cet espace immense, et la voie désuète me crie par la fenêtre des jardins, des orages, des folies, des ombrages, des charmes et leurs feuillages. A l’orée de l’enquête, je sors le nez du bois, à la rive de l’ensuite je sais que j’y suis presque. La voie riant tout bas je la laisse entrouverte.

Berlin - Mauerpark

novembre 19, 2014
par myel
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Trois jours à Berlin, une première !

Berlin - Museumsinsel

Berlin – Museumsinsel

A Berlin il y a eu le vertige. Le sentiment d’être si petite, à côté des bâtiments imposants, des rues si larges, d’une ville à la première approche si fraîche. Un léger malaise dans les rues vides la nuit, en plein “centre-ville”, avant de comprendre qu’il venait surtout de l’oubli de la “ville” ces derniers mois, trop de contraste pour mes sentiments.

Berlin - Checkpoint Charlie - 25 ans de la chute du Mur

Berlin – Checkpoint Charlie – 25 ans de la chute du Mur

A Berlin nous avons eu le bon timing, tombant pile et sans le vouloir en pleines commémorations historiques, 25 ans de la chute du Mur. Si cela donnait une foule immensément compacte et le centre historique bouclé le dimanche soir, j’ai apprécié l’atmosphère liée à ces événements : un brin d’insouciance, de liberté, beaucoup de curiosité et d’informations, et des moments solennels les passants s’arrêtant devant les écrans géants disséminés en ville pour redécouvrir cette période dans un silence émouvant. Les milliers de ballons lumineux suivant le tracé de l’ancienne construction nous rappelaient souvent au milieu d’une promenade qu’il n’était pas aussi facile de traverser les quartiers.

Berlin - OT projektraum

Berlin – OT projektraum

A Berlin il y eut aussi la rencontre de lieux charmants voire inattendus : pour un premier séjour à Berlin, mes chemins ont souvent suivi le guide, mais ce bar avec mezzanine dont on osait à peine pousser la porte a su donner un autre ton, ce vietnamien recommandé a charmé les palais pour trois francs six sous, installés dans la salle fumeurs d’un resto en bois au bord de l’eau nous nous sommes laissés bercer…

Berlin

Berlin

Berlin a été riche de ses bougies à toutes les tables, des trous dans les palissades, de son ciel magnifique le samedi, de sa langue pas si imprononçable, de mes pieds douloureux craquant sur une nouvelle paire juste avant de partir, de l’espace piscine – jacuzzi – sauna de l’hôtel presque désert et si nécessaire en fin d’après-midi, d’un fauteuil piège et d’un lit tellement confortable… Et des images à zieuter ci-dessous, pour vous donner quelques idées.