Indiscretions et mutineries

version 2 ~golden hour

Le temps est long quand on attend sans savoir

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La semaine est longue. Alitée, achaisée, acanapée, la santé sur un fil mais pas juste la mienne, il est là le problème.

L’année aura été dure, éprouvante aux sentiments. J’ai rencontré de ma famille qui vit d’autant plus loin, et perdu de celle qu’on peut connaître de plus proche, petit bout de soi et de toi en projet inachevé.

Tout se déroule pourtant si bien, presque dans l’ordre des choses, faut-il vraiment qu’il y ait des accidents pour mieux savourer la vie ? Je goutte chaque instant d’équilibre avec intensité, pourtant.

J’écris ces mots sur un réseau, dans une case qui me fait sentir un peu “chez soi”, familière de mes angoisses et réceptacle de toutes indiscrétions. J’essaie d’ouvrir par ailleurs de nouvelles pages blanches, de rassembler, mais le présent me reste ici, place publique des sentiments qu’on trouve la force de s’écrier.

Les réseaux sont un gouffre de notre époque, où chacun puise et déverse. On entre et sort sans se croiser, on se regarde avec un miroir en lame de fond. Les informations deviennent des croyances, plus un fait n’est objectif ou sincère, juste populaire. J’ai l’impression de lutter pour faire la part des choses dans cette guerre de surenchère où chacun cherche et balance que le coupable de son mal c’est l’autre. Parfois je fais ma part du colibri, pour l’harmonie, parfois je sature et abandonne. Est-ce que fermer les yeux c’est le piège ou la solution ?

J’espère qu’inconsciemment mon corps ne se dit pas, qu’il ne faut pas faire d’enfant dans cette époque fumante. J’en connais des plus décidée qui sont revenue à l’idée que la vie, ça valait mieux tout de même. J’espère que mon corps va se réconcilier, avec ma nature profonde optimiste et opportuniste. Qu’il ou elle va saisir sa chance.

Je formule des souhaits pour la fin de l’année, qu’on ne sent pas bien arriver. Le sapin en plastique dans son carton, l’esprit de consommation à 0, le cœur qui bat pour l’essentiel :

  • que la prochaine année nous voie multipliés
  • qu’on trouve un compromis entre un confort simple et grand-mère nature
  • que nos valeurs se raidissent mais vers le partage, l’accueil, le soutien aux activités responsables
  • qu’on trouve ensemble une façon plus saine de s’informer, de communiquer
  • sans oublier la beauté, la créativité, les mots qui font vibrer, les images qui nous scotchent (ou ficellent, on a dit sans déchet), le mouvement, l’évasion…

Et qu’arrive tout ce qui doit arriver. 

 

crédits photos Brooke Shaden 

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